jeudi 21 février 2008
10:26

La belle prostituée


Tu étais jeune, tu étais belle, tu étais charmante. Tu n'avais rien, belle, vierge, fraiche... Tu ne connaissais rien de la vie ni de l'histoire. Tu sentais la douce sève brute.
Tu attirais, tu attirais, tu attirais... Les riches, les rois, les beaux, les venus de l'au delà de la méditerranée. On t'a comblé de cadeaux, on t'a couvert de marbre et d'or. On t'a séduit par les doux drapés de soie. Pour te gâter, on avait construit de beaux châteaux, de belles demeures sur la montagne, d'autres sur le rivage. Pieds dans l'eau, tu réjouissais les longues soirées animées, les foules qui couraient derrière toi, pour enfin jouir des instants de plaisir en ta compagnie. Tu ne comprenais rien de cela... Enfin, on t'a exploité, on t'a violé. On t'a volé ta jeunesse, ta beauté et ton charme.
Passe le temps, changent les régimes. Tu es fatiguée, épuisée. Telle une fleur fanée on t'a jeté. Les grands sont partis, les affamés sont restés.
Aujourd'hui tu apparais vieille. Tes rides te couvrent de partout. Tu es moche, pale,triste, mal accompagnée. Tu pues les égouts, tu pues la misère, tu pues le hachich, tu pues l'alcool. Dommage, on t'a mal réputé. Fini le temps des gloires, du prestige et du bonheur.
A dieu beau parfum des eucalyptus, fini les belles couleurs du cyclamen. Fini le temps des baignades rafraichissantes. Ton eau a stagné, elle est fanée, elle s'est faite polluer. Qu'est ce que j'aimerai bien que le temps stagne, pour stopper l'horreur que tu vis, pour pouvoir te faire soigner tes blessures, effacer tes écorchures, te faire sécher tes larmes... Tu me fais de la peine. Tu me fais de la peine. Tu me fais de la peine.
Qu'est ce que j'aimerai bien faire comprendre, à ces maudits, qui te harcèlent ce que tu étais dans le temps. Mais dommage, le temps fait souvent mal aux belles. Il efface et ne retrace jamais. Dans le cœur des grands hommes tu gardes toujours une place, leur amour pour toi n'a jamais changé. Bien qu'ils t'ont quitté, la nostalgie des beaux souvenirs leur hante toujours.
Hammam-lif, la belle au bois dormant. Les apparences sont trompeuses. Seule ton histoire témoigne de ta vraie valeur.


9 commentaires:

Astussa a dit…

hors sujet : je te tague, a toi de jouer :o)

Takkou a dit…

Et pourtant elle continue à "séduire"... Trés bel hommage à une ville qui a deja plié bagages.

Bel Malwene a dit…

bravo !! las !! c trés touchant ce post.

Exquiza a dit…

waw!! et bien bravo aszaiza!! je confirme ton don de l écriture
!!

Paulo, Bucho, DJ Buxx, Paulinho, Buchinho, Rater ... como preferirem! a dit…

Hamam Lif is really beautiful. I hope one day visit with special persons.

Boussa.
PB

3amrouch a dit…

ya 7assra a3lla el hamhamma et jaw el hamhamma et l'odeur del hamhamma et le bruit d'el hamhamma.

jolanare a dit…

tres beau texte et très belle écriture. bravo

princessedeslieux a dit…

elle est toujours aussi belle dans nos coeurs :)
elle ne perdra jamais de son charme, le cyclamen, son emblème existe toujours. Bougarnine,hanteras la tête de tous les tunisiens qui s'éloignent du pays.
un texte très touchant pour une ville symbole.

Da7dou7a a dit…

Touchant... Je connais un autre fou de Hamhama... :) Curieuse cette petite ville qui vous ensorcelle!